Qu'est-ce qu'un produit "Bio" ?

Auteur : Gilles Camus


Table des matières

  1. Introduction
  2. Les caractéristiques d'un produit "Bio"
  3. La règlementation
  4. Références

1. Introduction

Logo produit Bio

Les produits "Bio" sont souvent entourés de beaucoup de méconnaissance. En effet, au delà d'arguments simplistes ("C'est plus cher" ou "C'est plus naturel") on peut se poser la question de savoir qu'est-ce qui se cache réellement dernière le label "AB" et le logo qui figure sur un nombre croissant de produits.

La réponse peut être exposée en terme de méthodes de production ou en terme règlementaire, les deux étant liés : pour avoir le droit d'apposer le logo qui signal un produit "Bio", il faut que toutes les étapes de la vie du produit répondent aux règlementations en rapport, ce qui a bien sur une incidence sur les méthodes utilisées pour sa production.

2. Les caractéristiques d'un produit "Bio"

D'une façon générale, on peut définir l'agriculture biologique comme un mode de production qui trouve son originalité dans le recours à des pratiques culturales et d'élevage soucieuses du respect des équilibres naturels. Un produit issu de l'agriculture biologique est soit un produit agricole, soit une denrée alimentaire.

Le mode de production exclut l'usage des produits chimiques de synthèse, des OGM et limite l'emploi d'intrants (produits apportés aux terres et aux cultures comme les engrais, les insecticides, etc...). Les pratiques culturales favorisent donc :

  • La rotation des cultures. Culture alternée de légumineuse, d'engrais vert ou de plantes à enracinement profond permettant de favoriser la fertilité et l'activité biologique.
  • Le recyclage des matières organiques naturelles. Incorporation dans le sol des matières organiques (compostées ou non) et des sous-produits d'élevage provenant d'une exploitation conduite selon le mode de production biologique.
  • La lutte biologique.
  • Le désherbage thermique ou mécanique (herse étrille, binage, etc...).

On peut noter également les pratiques visant à éviter les contaminations provenant d'autres cultures :

  • Parcelles isolées et bien identifiées.
  • Moyens de récolte et de stockage séparés.
  • Période de conversion à respecter (deux ans avant ensemencement des cultures annuelles, trois ans avant récoltes des cultures pérennes).

Pour l'élevage :

  • L'alimentation des animaux par des produits végétaux issus de l'agriculture biologique obtenus sur l'exploitation même (taux minimum obligatoire).
  • Le choix des races. Une plus grande biodiversité est encouragée, notamment en fonction des capacités d'adaptation des différentes races aux conditions du milieu.
  • La limitation du nombre de traitement avec des médicaments vétérinaires allopathiques de synthèse.
  • Le respect du bien-être animal. Taille limitée des batiments, etc...

Enfin pour que le produit puisse bénéficier du label, la suite de la chaîne doit aussi respecter un cahier des charges particulier :

  • Composition réglementée des produits transformés. Au moins 70% des ingrédients d'origine agricole dans le produit final doivent être biologiques, le poucentage complémentaire faisant partie d'une liste d'ingrédients d'origine agricole autorisés.
  • Traitements des produits issus de l'agriculture biologiques ne devant pas utiliser des subtances chimiques autre que celles autorisées.
  • Pas d'utilisation de traitement au moyen de rayons ionisants.
  • Transport en emballages et/ou conteneurs fermés pour éviter des substitutions.

3. La règlementation

Apparue officiellement pour la première fois dans la loi d'orientation agricole de 1980, l'agriculture biologique a été codifiée par différents textes au cours des années 90.

Les produits de l’agriculture biologique respectent en premier lieu la règlementation générale concernant les produits agroalimentaires (notamment pour les aspects sanitaires et marchands).

Le  règlement de l'Union Européenne spécifique aux produits "Bio" (voir références) s'applique aux produits agricoles végétaux non transformés (légumes, céréales...), aux animaux d'élevage et aux produits d'animaux non transformés (lait, oeuf...) ainsi qu'aux produits destinés à l'alimentation humaine, composés essentiellement d'un ou plusieurs ingrédients d'origine végétale et/ou animale (pain, viande, fromage...), et enfin aux aliments destinés aux animaux d'élevage. Un cahier des charges français (voir références) complète le règlement européen sur le mode de production et de préparation biologique des animaux et des produits animaux. Tous les acteurs français de cette filière doivent se conformer à ce cahier des charges. Les importations européennes ont droit au label "AB" dès lors qu'elles respectent la règlementation européenne. Pour les importations provenant d'autres pays, il faut qu'elles proviennent soit de pays dont la règlementation a été évaluée comme équivalente par la Commission, soit avoir obtenu une autorisation d'importation délivrée par le ministère compétent d'un État membre.

Pour pouvoir bénéficier du label "AB" tous les intervenant de la chaîne de production d'un produit (producteur bien entendu mais également unité de transformation et de conditionnement) doivent subir le contrôle et la certification d'un organisme agréé sur le territoire français (il en existe actuellement six).

Si vous êtes intéressé par le sujet voir aussi l'article "L'écocertification du bois".

4. Références

  • Règlement (CEE) n°2092/91 modifié du conseil du 24 juin 1991 (JO CE du 22 juillet 1991) et ses annexes. Mode de production biologique de produits agricoles et sa présentation sur les produits agricoles et les denrées alimentaires.
  • Règlement (CE) n°1804/1999 du conseil du 19 juillet 1999 (JO CE du 24 aout 1999). modifiant, pour y inclure les productions animales, le règlement (CEE) n°2092/91 concernant le mode de production biologique de produits agricoles et sa présentation sur les produits agricoles et les denrées alimentaires.
  • Arrêté français du 28 août 2000. Cahier des charges concernant le mode de production et de préparation biologique des animaux et des produits animaux définissant les modalités d'application du règlement (CEE) n°2092/91 modifié du Conseil et/ou complétant les dispositions du règlement CEE n°2092/91 modifié du Conseil.